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26 juillet 2026·7 min de lecture

Nullité du mandat de vente immobilier : les 7 causes légales et ce que ça coûte à l'agent

Ce que dit la loi Hoguet : pas de mandat valide, pas de commission

La loi n° 70-9 du 2 janvier 1970, dite loi Hoguet, pose une règle absolue : un agent immobilier ne peut prétendre à aucune rémunération si le mandat dont il dispose ne respecte pas à la lettre les conditions de forme et de fond prévues par la loi et son décret d'application du 20 juillet 1972.

Cette règle est parfois perçue comme une formalité. Elle ne l'est pas. La Cour de cassation a rappelé à de nombreuses reprises qu'un mandat irrégulier est nul de plein droit — et que cette nullité est d'ordre public, ce qui signifie qu'elle ne peut pas être couverte par un accord des parties, ni régularisée après coup.

Conséquence directe : si le mandat est nul, le bon de visite qui en découle perd lui aussi l'essentiel de sa valeur probatoire. Sans mandat valide, impossible de réclamer ses honoraires même si l'acheteur a visité et acheté en direct.

Les 7 causes de nullité les plus fréquentes

1. L'absence d'écrit

Le mandat doit obligatoirement être établi par écrit (article 6 de la loi Hoguet). Un accord verbal, un échange par email ou une simple fiche de visite ne constituent pas un mandat valable. Sans document écrit signé, l'agent n'a aucun titre pour percevoir une commission.

2. L'absence de numéro d'ordre du registre des mandats

Chaque mandat doit être inscrit dans le registre des mandats tenu par l'agence, et porter le numéro d'ordre correspondant (article 65 du décret de 1972). Un mandat sans ce numéro, ou avec un numéro fictif, est irrégulier. La DGCCRF contrôle systématiquement la concordance entre les mandats signés et le registre lors de ses inspections.

3. L'absence ou l'imprécision de la rémunération

Le mandat doit mentionner de manière explicite et non ambiguë le montant ou le taux des honoraires à la charge du mandant (vendeur ou acheteur), leur mode de calcul, et la partie qui en est redevable. Une clause vague du type « honoraires selon barème en vigueur » sans annexe jointe expose le mandat à la nullité.

4. L'absence de durée ou une durée indéterminée

La durée du mandat doit être fixée. Un mandat à durée indéterminée est nul. En pratique, la durée standard est de 3 mois, renouvelable par tacite reconduction — mais depuis la loi ALUR de 2014, la reconduction tacite doit être expressément prévue dans le contrat et l'agent doit informer le mandant avant chaque renouvellement.

5. L'absence du numéro de la carte professionnelle

Le numéro de la carte professionnelle (carte T pour transaction, G pour gestion, S pour syndic) doit figurer dans le mandat. Un agent qui oublie cette mention ou dont la carte est expirée au moment de la signature fait courir un risque de nullité sur l'ensemble des mandats signés pendant la période d'expiration.

6. L'absence de mention de la garantie financière et de l'assurance RC Pro

Le mandat doit indiquer le nom de l'organisme garant et le montant de la garantie financière, ainsi que la référence de l'assurance responsabilité civile professionnelle. Ces mentions sont imposées par l'article 71 du décret de 1972. Leur absence est une cause de nullité régulièrement retenue par les tribunaux.

7. L'absence de clause de non-exclusivité ou son caractère ambigu

Sur les mandats simples, la possibilité pour le vendeur de vendre par ses propres moyens doit être clairement indiquée. Sur les mandats exclusifs, la clause d'exclusivité doit être rédigée sans ambiguïté et apparaître de manière visible dans le document. Une formulation floue ou noyée dans les conditions générales a été retenue comme cause de nullité par plusieurs cours d'appel.

Ce que ça coûte concrètement à l'agent

La nullité du mandat emporte plusieurs conséquences immédiates :

Perte totale de la commission, même si la vente a effectivement eu lieu et que l'agent a bien été à l'origine de la mise en relation. Les tribunaux ne reconnaissent aucun droit à un « quantum meruit » (paiement partiel pour les services rendus) en matière immobilière.

Obligation de restitution si la commission a déjà été perçue. L'agent doit rembourser les sommes encaissées, plus les intérêts légaux.

Sanctions pénales si l'irrégularité est considérée comme intentionnelle : l'article 14 de la loi Hoguet prévoit jusqu'à 6 mois d'emprisonnement et 7 500 € d'amende.

Risque de retrait de carte par le CNTGI (Conseil national de la transaction et de la gestion immobilières) en cas de manquements répétés.

Sur un bien à 400 000 €, une commission standard de 4 % représente 16 000 €. La perte de cette somme pour un mandat mal rédigé est évitable — et fréquente.

Le lien avec le bon de visite

Un point que beaucoup d'agents ne réalisent pas : si le mandat est nul, le bon de visite qui en découle perd automatiquement une grande partie de sa portée juridique.

Le bon de visite fait référence à l'existence d'un mandat. Si ce mandat est contesté ou annulé, la chaîne de preuves nécessaire pour engager la responsabilité d'un acheteur qui contourne l'agence est fragilisée.

C'est pourquoi les deux documents sont indissociables : un mandat valide est le socle sans lequel le bon de visite ne peut pas pleinement remplir son rôle de protection.

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*Sources : Loi n° 70-9 du 2 janvier 1970 (loi Hoguet) — Décret n° 72-678 du 20 juillet 1972, art. 65 et 71 — Cass. 3e civ., 15 janvier 2020 — Code pénal, art. 14 loi Hoguet*

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